Il voulait voir la mer... :
Il était une fois dans l'ouest
Il n'y a rien à jeter dans Il était une fois dans l'ouest. Ni la prodigieuse réalisation de Sergio Leone, ni la partition de Ennio Moricone, ni le scénario coécrit avec entre autres Bertolucci et Dario Argento... ni le casting : Claudia Cardinale, Charles Bronson, Jason Robards et surtout... Henri Fonda dans un rôle à contre emploi, un vrai méchant qui tue un enfant pendant sa première scène !!!Amputé de plusieurs scènes à sa sorties aux states, le film fut un échec commercial là bas, mais heureusement un triomphe en Europe. Toujours sous ses airs de ne pas y toucher Leone livre un western spaghetti, sorte de comédie dramatique, dont le décor est l'arrivée du progrès dans l'ouest, sous la forme du chemin de fer. Là, bien sûr, la quête de profit des pires hommes a trouvé un magnifique outil pour s'enrichir sur le dos des moins chanceux (même si le patron du chemin de fer ne rêve que d'une chose, atteindre la mer).
Il a été difficile de choisir un extrait tant de nombreuses scènes s'y prêtaient, mais j'ai choisi un extrait souvent montré aux élèves dans les écoles de cinéma. Il s'agit de l'arrivée par le train de Claudia Cardinale et de son désarroi car personne ne l'attend. Le tout ponctué de longs plans et d'une mise au scène très précise. Et que dire de ce moment où elle entre dans la gare et où la caméra passe par-dessus le bâtiment, comme portée par l'envolée de la musique...
Mission Jupiter :
2001 l'odyssée de l'espace
Un film culte pour un réalisateur culte, Stanley Kubrick, que tous les cinéphiles considère comme un génie du cinéma (à l'image d'un Orson Welles). Adapté d'un roman d'un de mes auteurs préférés, Arthur C. Clark, 2001 L'odyssée de l'espace est un étrange film, une sorte de puzzle, un opéra de science-fiction, de la vraie science-fiction, avec des soucis d'apesanteur, un espace silencieux, ses questionnements sur la vie dans le futur, etc . Précurseur, expert dans le choix de ses musiques, Kubrick nous montre la conquête de l'espace comme jamais nous ne l'avions vu. Rappelons que le tournage se déroule 2 ans avant les premiers pas de l'homme sur la Lune ! Mais plutôt que de faire un simple beau film dénué de sens (façon Gravity), Kubrick va aux limites du fantastique, du psychédélique, s'intéresse à l'aspect pratique et philosophique des choses, se questionne sur l'intelligence artificielle et sur l'existence de dieu et/ou des extraterrestres... Bref, il fait un chef d'œuvre.J'aurais aimé mettre un extrait du film, mais cela me parait tant nuire à son intégrité que je me suis contenté d'une photo, en vous encourageant à vous laisser emporter vers Jupiter par cette œuvre hypnotique dès que vous en aurez l'occasion...
Une sacrée fête :
The party
Blake Edwards est le dieu de la comédie burlesque et Peter Sellers est son prophète ! Bon évidemment, ce n'est pas forcément de l'humour très fin, c'est souvent du comique de situation. Si La panthère rose est le plus connu de leurs films, le meilleur est pour moi The Party. Imaginez un acteur indien, naïf et peu au fait de nos habitudes occidentales, et surtout extrêmement maladroit, qui se retrouve dans une soirée organisé chez un gros producteur hollywoodien. Et pourtant cet acteur débutant a ruiné son film, alors comment est-il arrivé à cette fête ? Vous le saurez avec l'extrait.Même si certains gags peuvent sembler puérils ou un peu lourd, il est impossible de rester de marbre aux facéties de Peter Sellers tout au long du film. Dans la scène d'introduction (suivie d'ailleurs par l'extrait), en tant que figurant il doit souffler dans une trompe avant de se faire tuer lors d'une attaque dans les montagnes d'Inde. Il fait tant de zèle et met si longtemps à agoniser que tous les figurants, des deux camps, finissent par lui tirer dessus. Il m'est impossible de me éclater de rire en voyant cette scène. A voir et à revoir !
Une statue traumatisante :
La planète des singes
Adapté d'un roman du français Pierre Boulle (célèbre aussi pour Le pont de la rivière Kwai), La planète des singes est un film très marquant tant par son déroulement que par sa fin où la statue de la liberté nous apparait sous un jour nouveau. Cette fin a tant marqué qu'on oublie souvent le reste : la partie où le vaisseau voyage dans l'espace puis s'écrase sur une planète inconnue où les astronautes vont devoir traverser un désert rocheux accompagné par une musique omniprésente. Puis, c'est la rencontre avec des hommes sauvages et la fuite face à quelque chose qui les traque... des gorilles. Le film s'amuse à nous montrer notre société, aux mains de singes, et nous à la place des singes. La prestation des acteurs est extraordinaire mais c'est surtout du aux hallucinants maquillage de John Chambers qui a sévi entre autres sur la série Star Trek et sur le cultissime Blade Runner. Le film engendrera plusieurs suite plus ou moins intéressantes, une série télé et pas mal de BD. Force est de constater que l'ensemble ne manque pas de charme.Enfin, un mot sur le rôle titre, Charlton Heston acteur à la carrière monumentale (Ben Hur, Les Dix commandements) et au visage dur, qui entamait par ce film une sorte de seconde carrière dans les films d'anticipation.
Les compagnons de la chanson en vo :
The yellow submarine
Si j'ai choisi The Yellow submarine, un film d'animations mettant en scène les Beatles, c'est d'abord parce que je l'aime bien, ça me semble une bonne raison. Mais aussi parce que c'est ce que je mettais à mes fils, et encore aujourd'hui à mes filles, de temps en temps à la télé. Un film plein de couleurs, de monstres rigolos, musical, pétillant, bref ce n'est pas un chef d’œuvre, mais ça rafraichit, et c'est parfois ce que l'on demande tout simplement à un film...Ah, pour l'anecdote, la chanson titre, The Yellow Submarine, fut adaptée en français par Les compagnons de la chanson, comme ça se faisait beaucoup à l'époque (on ne passait pas de films en vo) mais le sous-marin jaune est devenu.... vert. Ben oui, les rimes en ert c'est plus facile qu'en aune !
D'un autre côté, le traducteur ne s'est pas non plus encombré de scrupules pour faire les sous-titres...
L'invité de la semaine :
Pierre Jolivet
En 1968, Pierre Jolivet n'a que 16 ans et pourtant, durant les événements parisiens, il monte des spectacles dans les usines en grève, avec son frère Marc (ils sont les fils de la dame qui faisait les voix de Titi et Calimero). Après avoir été GO au club Med, ils montent un duo de clowns, Recho et Frigo, que je regardais à la télé. Alors que Marc va se diriger vers le métier de comique, Pierre va s'associer avec Besson pour un court métrage qui deviendra ensuite un long métrage et dans lequel il tient le rôle principal, Le dernier combat, prix spécial du jury à Avoriaz en 1983. Il signe ensuite le scénario de Subway avant de suivre sa propre carrière de réalisateur. Chantre du cinéma subventionné, il est à l'opposé de son ancien compère, il ne fait pas du cinéma grand public mais du film d'auteur. Je reparlerai de plusieurs de ses films par la suite car ils sont nombreux à m'avoir touché : Force majeure, Simple mortel, Fred, Le frère du guerrier ou Mains armées. Fidèle à ses comédiens (Vincent Lindon, Roschdy Zem, François Berléand), toujours dans un style sobre et sincère, Jolivet s'est finalement construit une très belle filmographie, bien plus intéressante, à mes yeux, que celle de son illustre ancien compère, Luc Besson.Bonus
En passant, j'ai jugé avoir déjà bien rempli la page aussi, j'ai mis de côté un autre film de 68, Bullit, de Peter Yates, avec Steve McQueen car pendant que Melville signait des polars noirs, on faisait de même aux USA, avec un film possédant encore aujourd'hui ce qui est considéré comme la meilleure poursuite en voitures du cinéma (avec Live and Die in Los Angeles). Un film également très froid et noir, un petit bijou.La semaine prochaine : 1969
- Des héros très discrets- LE western crépusculaire
- Le show Jean Yann
- Le pacha, la fusée italienne et le samouraï
Et l'invité de la semaine...



Effectivement, 1968 une riche année... 2001 Odyssée de l'Espace j'aimerais bien le montrer à Quentin, mais il est encore trop jeune (et entre dans la pré-adolescence, pauvre de moi ^^). la Planète des Singes ce sera aussi pour plus tard...
RépondreSupprimerPour 2001 certes, mais La planète des singes, selon sa sensibilité (m'enfin s'il a vu les SW et les HP¨) il doit être en âge de la voir ^^
RépondreSupprimerLe souci est surtout sa pré-adolescence et son rejet en bloc de tout ce que son père pourrait lui apporter :-s
SupprimerArf, même Star Wars ? Vin diou tu vas finir par le renier ^^
SupprimerTu veux que je lui envoie le lien du blog ? Après il te demandera ou pas :)
Pour Star Wars, il n'a pas le choix :-p
SupprimerLes places sont déjà réservées pour le 16/12 d'ailleurs (il ne le sait pas encore, ce sera surprise) :-)
3 beaux films : Il était une fois dans l'ouest, 2001 L'odyssée de l'espace & La planète des singes.
RépondreSupprimerC'est un plaisir de les revoir bien que les effets spéciaux sont un peu désuet.
Ne pas oublier de signer quand vous utilisez le profil anonyme ^^
SupprimerAinsi, "Force majeure" est de Pierre Jolivet. Soyons honnêtes, ça reste un film mineur (pourquoi Kristin S-T couche-t-elle avec un type qu'elle veut convaincre d'aller en prison?). Par contre je me souviens que j'avais l'âge des personnages quand c'est sorti, donc l'identification était possible, et le dilemme en tous cas bien prenant.... :)
RépondreSupprimerBen nan, je ne considère pas Force majeure comme un film mineur, mais j'en reparlerai (quand à KST elle tente de convaincre sans conviction puisque de toute façon, elle n'aime plus le gars qu'elle tente de sauver depuis belle lurette et sans A Bates, elle ne serait même pas venue ^^)
SupprimerEn général, quand la fin d'une histoire est changée pour l'adaptation ciné, c'est une trahison, un dévoiement. Mais concernant La planète des singes,qui n'est pas la terre dans le bouquin, c'est une excellente trouvaille, un moment de cinéma marquant effectivement.
RépondreSupprimerJ'en profite pour insulter ceux qui ont choisi d'utiliser cette image de la statue pour la jaquette des vidéos vendues actuellement, ôtant toute chance à ceux qui découvriraient ainsi ce film de vivre la révélation finale en même temps que le personnage, les privant d'un grand moment de leur carrière de spectateur. Andouilles.
Bon il faudrait aussi l'avoir vu avant les "préquels" récents et avoir manqué tout ce qui y fait référence dans la culture populaire SF. C'est un peu le même problème que celui de ressortir "Je suis ton père" à tout bout de champ.
Pour 2001 c'est différent, le livre à été conçu en même temps que le film. Il vaut le détour pour celui qui a aimé le film, parce qu'il apporte pas mal d'éclaircissements. À moins de ne pas vouloir gâcher la magie, la poésie et l'interprétativité du flou, mais qu'on se rassure, ça n'éclaire pas tout quand-même.
Jean-Christophe
Ah Ah c'est vrai que le coup de la statue de la liberté à tout bout de champ c'est quand même une sacrée connerie ! :)
SupprimerMonsieur Jean-Christophe, mes souvenirs protestent! :) Dans le bouquin la planète des singes c'est bien la Terre... La fin du bouquin est comme ça je crois:
Supprimer- ils s'enfuient de la planète des singes en vaisseau.
- ils remettent le cap sur la Terre.
- ouf les revoilà sur Terre! Mais ils revoient une silhouette de singe... et se rendent compte alors que leur premier voyage était dans le temps et non dans l'espace.
Mais maintenant je suis confus, je ne sais plus si c'est dans le bouquin ou dans le film qu'ils ont plein d'indices, que par exemple la langue est très similaire ("Papa" se dit pareil en simiesque et en humain...) ou que les strates archéologiques humaines sont en-dessous des strates singes... :/
En fait, la planète que visite le héros n'est pas la Terre mais le destin est similaire, puisque la civilisation des singes s'est bâtie sur les ruines d'une civilisation humaine.
SupprimerDe plus, quand le héros retourne sur Terre, la même chose s'est produite, les singes ont pris le pouvoir.
Quand aux astronautes qui découvrent le journal du héros, on se rend compte à la fin que ce sont aussi des chimpanzés...
Je n’ai pas vu « il était une fois dans l’ouest » à sa sortie et à l’époque il fallait attendre longtemps qu’un film passe à la télé ou repasse en salle. La conséquence en a été que je l’ai idéalisé pour évidemment être déçu à la première vision. Je ne sais pourquoi Clint a raté cela même si je vois des explications (lassitude de l’intéressé, volonté de changer de Sergio…) mais il faut noter le sens aigu du choix des acteurs de Léone, y compris pour les deux opus suivants, tant ils resteront à jamais marqués par leur rôle.
RépondreSupprimerJe me souviens d’un copain qui avait vu « 2001 odyssée de l’espace » à sa sortie et dont le commentaire était qu’il n’avait rien compris. J’ai fait la connaissance de Kubrick par « Orange mécanique », quelques années plus tard avec sa filmographie à suivre. Sans prétendre avoir tout compris encore aujourd’hui, un film de science-fiction avec des décors et des effets spéciaux aussi sophistiqués et un contenu métaphysique reste un évènement complètement nouveau à l’époque.
Comme pour Tati, « the party » ne m’a jamais accroché de même que Peter Sellers. Blake Edwards, ce sera pour plus tard.
Il y a des films qui gagnent brutalement en qualité juste avant le mot fin tant celle-ci est inattendue et donne un tout autre éclairage à ce qu’on vient de voir. « La planète des singes » est de ceux-là et j’ai eu la chance de me laisser balader sans rien voir venir. Celle de Tim Burton étant différente dans la forme choisie, je me suis rendu compte que c’était lui le plus fidèle au livre. Dans celui-ci, il est d’ailleurs noté que les singes sont condamnés à régresser car ils ne savent qu’imiter leurs modèles… qu’ils ont mis en esclavage ce dont il n’est pas question dans les adaptations à l’écran. Je suppose que cela aurait fermé la porte aux suites.
Je n’ai pas cette connaissance de l’œuvre de Pierre Jolivet. A noter que pour certains, « le dernier combat», fait avec des bouts de ficelles, reste le seul vrai bon film de Luc Besson.
A l’époque, les Beatles sont juste dans mon paysage musical, pas encore un pilier de toute la musique que j’aime. « Yellow submarine » m’apparait comme un rapprochement vers le pop art après « 4 garçons dans le vent » et « help ».
Je revois le présentateur des actualités télévisées nous annoncer que dans « bullit » se trouve la plus longue et la plus spectaculaire poursuite jamais tournée. A part ça, les yeux de Steve sont toujours aussi bleus, Robert Vaughn passe du statut d’Agent très spécial à celui de méchant en souplesse, la Mustang n’est pas encore mythique et le film vieillit bien.
Philippe