dimanche 20 septembre 2015

Avant 1966

Avant 1966...

C'est le piège, il y a des films qui datent d'avant ma naissance et qui font partie de ceux avec lesquels je ferai la programmation de ma chaîne de cinéma idéale.
 
Plutôt que de partir des frères lumière, je ne ferai qu'un seul article les concernant, avec une sélection de 6 films très différents ...


Une affaire de famille :
Mon oncle

Commençons par Mon oncle, que je considère comme le chef d'oeuvre de Jacques Tati.
Datant de 1958, ce film (qui fut oscarisé), en plus d'être poétique, amusant, inventif, tendre, est aussi un témoignage du passage entre une époque où autour des grandes cités se trouvaient des villages, et celle où les banlieues prennent le dessus... une aire avec ses supermarchés, ses immeubles, ses zones pavillonnaires, qui font que la banlieue de paris est la même que celle de Saint Raphaël !
Dans Mon oncle, ce mode de vie se fait manger par la modernité... pour le meilleur ou le pire, vous jugerez.
Je vous invite à voir cet extrait et à revoir ce film, destiné à tous publics. Rowan Atkinson s'est forcément inspiré de Tati pour son Mister Bean, en ce qui concerne les attitudes, mais pas pour le caractère, radicalement différent entre le sympathique Hulot et le veule Bean.



Sur la plage abandonnée...
Week-end à Zuydcoote

Une armée en perdition, des soldats qui attendent de pouvoir prendre un bateau pour fuir devant l'armée ennemi... On ne peut pas dire que le sujet soit glorieux, et pourtant. Henri Verneuil, grand réalisateur du cinéma 'populaire' signe là une fresque toute en finesse, adaptant un livre majeur (un de plus, récompensé par le Goncourt) de Robert Merle. Loin d'être un film léger, Week-end à Zuydcoote aborde pas mal de sujets difficiles et on ne ferme pas les yeux sur la noirceur de l'âme humaine. Un film sur fond d'errance, les immenses plages de la Belgique, un air surréaliste, et un Belmondo au top avec des partenaires de choix : Marielle, Mondy, Pérrier...
Un film qu'on ne revoit pas assez sur les chaînes de télé.


Sharks contre Jets :
West side story

C'est en 1961 que Robert Wise fixe sur pellicule la comédie musicale dont la partition est signée leonard Bernstein. Adaptation d'abord pour le théâtre du classique de Shakespeare Roméo et Juliette aux quartiers pauvres de New york, c'est un feu d'artifice. Dans West Side Story, les ballets sont réglés au cordeau, le casting est parfait (Ah George Chakiris qui obtint d'ailleurs un oscar !), chaque morceau musical est un tube (et pas avec une mélodie gnangnan façon Notre Dame de Paris), les couleurs sont éclatantes, le traveling de la banlieue de NY en ouverture était une première, et le propos... Oui, ce qui est étonnant c'est de constater combien le propos est toujours valable aujourd'hui.
Bref, je vous invite à revoir America, la chanson qui donne la pêche, et dont les paroles sont très contemporaines...


Et ce jour là, il se reposa... :

Les 7 samouraïs/mercenaires

Il est rare qu'un remake soit mieux réussi que son original et ce n'est d'ailleurs pas le cas ici. Toutefois, j'ai rarement vu une adaptation aussi fidèle tout en se distinguant de son original. Et les deux films sont au final des petits bijoux. Le premier, il date de 1954, il s'agit du film Les 7 samouraïs de Akira Kurosawa, le cinéaste le plus reconnu par le monde occidental (pas forcément chez lui). Sept samourais acceptent de prendre la défense d'un village de paysans contre des bandits. Le film est en noir et blanc, même pas en cinémascope, mais quelle beauté ! Les acteurs sont prodigieux et une fois la surprise du 'surjeu' japonais passée, le film est un diamant.
John Sturges (celui de Règlement de comptes à OK Corral) a signé avec Les 7 mercenaires, un remake flamboyant avec un casting démentiel : Steve McQueen, Yul Brynner, Robert Vaughn, James Coburn, Charles Bronson... Une musique entrainante, un rythme soutenu, de l'humour, une profondeur des personnages, etc.
Au final je ne me lasse ni de l'original, ni de sa copie !


Privé de désert ? :
Lawrence d'Arabie

Dernier film de ma sélection d'avant ma naissance, c'est encore une fresque d'aventures qui ne passe pas sous silence le côté sombre des choses (même si la réalité l'était encore bien plus). Dans Lawrence d'Arabie, Peter O'Toole semble habité par son personnage, tandis qu'Omar Sharif sera révélé à l'internationale. Il faut ajouter Alec Guinness et Anthony Quinn pour rendre justice au casting. Côté production, on est à l'heure des blockbusters de l'époque, de gros budgets, de grands scénarios et une grande musique, celle de Maurice Jarre, le papa de Jean-Michel. Hypnotisant comme le désert, ce film a vraiment conduit à populariser un peu plus ce personnage pourtant controversé, que sa biographie et la presse avait 'construit'. En attendant que l'histoire juge, il n'est pas possible de rester insensible aux envolées lyrique de la partition musicale sur les images du désert en cinémascope signées David Lean...



Bon, j'aurais pu choisir d'autres films, en particulier les western Règlements de compte à OK Corral ou le brillant L'homme aux colts d'or, et tant d'autres. Mais il fallait faire des choix.

La semaine prochaine...

- Ménage à trois
- Chronique d'une petite ville américaine
- A fond sur le champignon