Bon, j'avoue que de mon berceau je n'ai pas vu grand chose, ce n'est que bien plus tard que je découvris les 3 films dont je vais vous parler...
Ménage à trois :
Le bon, la brute et le truand
Sergio Leone n'a pas fait beaucoup de films, il
n'en a réalisé que 7 (et co-réalisé quelques autres) mais force est de
constater qu'à l'instar d'un Kubrick, tous ses films sont des réussites.
J'aurais pu citer ses antérieures à 1966, mais il faut bien choisir. Le bon, la brute et le truand,
fresque se déroulant sur fond de guerre de sécession, est portée par 3
personnages qui se croisent ou s'accompagnent. Leur périple à la
recherche d'un trésor n'est finalement qu'un prétexte pour montrer les
horreurs et les absurdités de la guerre. Les images, en cinémascope, en
mettent plein la vue. Le casting de 'tronches', pour chaque rôle, est
incroyable. Et la musique, avec des sons très inhabituels, est devenue
un classique, une autre pierre dans la légende du compositeur fétiche de
Leone, Ennio Morricone. A chaque fois que je le vois, j'attends, ravi
d'avance, la scène du cimetière où la caméra tourne sur la musique qui
monte crescendo... un must.Quand au casting, il est sans faille avec Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee van Cleef !
En rappel, un extrait justement sur la dure réalité de la guerre... qui repart aussitôt en comédie dramatique, qui est finalement le genre du film.
Chronique d'une ville américaine :
La poursuite impitoyable
Ce qui m'a marqué, lorsque j'ai vu La poursuite impitoyable,
c'est le passage à tabac du shérif. Ce n'est qu'en le revoyant plus
tard que je compris tout ce qu'il montrait. Une petit ville d'Amérique
profonde (sud des USA) vit au crochet, économique, d'un baron du pétrole
local. Tout le monde vit dans la crainte de lui déplaire et de ne pas
faire partie du cercle des notables. Quand Bobby, originaire de la
ville, s'évade du bagne, les citadins pensent qu'il va venir se venger du
fils du baron local, qui sort avec son ex... La tension monte en une
spirale inéluctable où les idées préconçues, la jalousie, le racisme et
tous les défauts humains vont conduire à un drame. Redford, Jane Fonda,
Robert Duvall et tant d'autres forment le casting impeccable. Cerise sur
le gâteau, la prestation prodigieuse de Marlon Brando, en Shériff, qui
démontre encore une fois sa carrure d'acteur hors du commun. Un drame
poignant, merveilleusement construit et interprété. Un bijou de Arthur Penn à voir et revoir...
A fond sur le champignon :
Grand Prix
Grand Prix fut, jusqu'à une
époque récente, j'y reviendrai dans quelques semaines, le meilleur film
sur la formule 1. Aujourd'hui il se regarde aussi comme un documentaire
sur une époque révolue où les pilotes étaient plus des gladiateurs
qu'autre chose. Si ce film de Frankheimer n'est pas un chef d'oeuvre
(d'ailleurs un seul de ses autres films se rapproche de ce statut, Le prisonnier d'Alcatraz),
je crois qu'il m'a surtout marqué par la prestation de Montand, en
amoureux maudit qu'on voit avancer inexorablement vers une fin tragique
au fil de l'histoire. J'avoue avoir toujours été touché par cet acteur,
avec son air de chien battu, et je reparlerai de quelques uns de ses
autres films par la suite (surtout chez Sautet et Cornaud). Mais
revenons à Grand Prix, une épopée qui raconte le destin de
pilotes internationaux tout au long d'une saison de formule 1. Le
casting est, là aussi, impressionnant avec James Garner, Toshiro Mifune
(l'un des acteurs des 7 samouraïs, entre autres), ou encore Françoise
Hardy qui fera là son avant-dernière apparition sur grand écran. Le mode
narratif du 'commentateur' pour résumer les événements ou les rappeler
est parfois un peu lourd, mais pour le reste, on se laisse griser.
L'invité de la semaine :
Michel Constantin
Chaque
semaine, un petit paragraphe sur un acteur, un réalisateur, un
compositeur, etc. pas en rapport avec le fil de la semaine (mais qui
sera sans doute concerné à un moment ou à un autre, sur une autre
année). Pour l'inauguration, j'ai choisi Michel Constantin. Sa tête,
bien identifiable, ne lui a pas offert de très grands films, mais
c'était une prodigieuse gueule qui lui a valu des tas de seconds rôles.De parents Russe et Polonais, il sera ouvrier chez Renaut puis international de volley-ball et même capitaine de l'équipe de France dans les années 50, avant de devenir journaliste sportif à L'équipe, puis de faire du cinéma ! Constantin parlait 9 langues !
Becker, Lautner, Melville, Verneuil, Mocky, il a joué avec tous les réalisateurs français en vogue dans les années 60 et 70 et on trouve quelques perles dans sa filmographie (Le deuxième souffle, La Traque) et pas mal de comédies et de films policiers agréables. Il fut même l'animateur d'un jeu télé culte, Anagram. Michel Constantin s'éteint en 2003, victime d'une crise cardiaque pendant la vague de chaleur qui fit tant de morts chez les personnes âgées... mais quel destin, et quel personnage !
Hop, un extrait du film de Melville, Le second souffle, où Constantin a bien entendu un second rôle. Vous en profiterez pour admirer le prodigieux monologue, en plan séquence (quelle extraordinaire réalisation), du remarquable Paul Meurisse. Un excellent polar noir de 1966.
Bien sur, 1966 c'est aussi... La Bataille d'Alger, la Canonnière du Yang-Tsé, la grande vadrouille, Django, Farenheit 451, Cul de sac, Qu'as-tu fait à la guerre papa... etc.
La semaine prochaine : 1967
- Mariages en blanc- Borsalino et canari
- Les adieux de Hulot
