Une église à éviter :
Prince des ténèbres
En 1987 je suis déjà un fervent séide de John Carpenter et c'est donc confiant que nous allons au cinéma, moi et Nicolas, mon frère de vie, pour aller voir son nouveau film, Prince des ténèbres. J'avoue que nous n'étions finalement pas à l'aise dans la salle, tant l’œuvre du réalisateur était oppressante, inquiétante.... flippante au final ! En sortant du cinéma, nous n'étions finalement pas fier d'avoir flippé en regardant un film alors qu'on avait 20 ans...
Dans Prince des ténèbres un prêtre contacte un scientifique car des phénomènes étranges se produisent dans une église. Le professeur et ses étudiants vont venir s'installer sur place pendant le week-end afin de procéder à des relevés. Cette église, ce n'est pas n'importe laquelle. Le prêtre qui en avait la charge est mort. On a retrouvé sur lui une clé qui ouvre un passage dans les fondations du bâtiment et dans ce sous-sol, un étrange cylindre dans lequel s'agite une substance verte... Petit à petit, les choses dérapent, les mouches et les vers s’agglutinent aux fenêtres, des clochards encerclent le lieu, des étudiants commencent à changer d'attitude, etc.
Dans Prince des ténèbres un prêtre contacte un scientifique car des phénomènes étranges se produisent dans une église. Le professeur et ses étudiants vont venir s'installer sur place pendant le week-end afin de procéder à des relevés. Cette église, ce n'est pas n'importe laquelle. Le prêtre qui en avait la charge est mort. On a retrouvé sur lui une clé qui ouvre un passage dans les fondations du bâtiment et dans ce sous-sol, un étrange cylindre dans lequel s'agite une substance verte... Petit à petit, les choses dérapent, les mouches et les vers s’agglutinent aux fenêtres, des clochards encerclent le lieu, des étudiants commencent à changer d'attitude, etc.
En tête du casting, le rôle du prêtre est assuré par Donald Pleasance, grand habitué des films du réalisateur (Halloween, New-York 1997), que l'on connait aussi pour ses rôles dans La grande évasion ou La nuit des généraux. En leader de l'équipe scientifique, un acteur sino-américain que Carpenter utilisa déjà dans Les aventures de Jack Burton (un acteur au parcours atypique), Victor Wong. Et puis, en guest star, le rockeur Alice Cooper, en messie des sdf qui encerclent l'église !
La musique, oppressante et pompier à souhait est signé par Carpenter lui-même, comme la plupart de ses BO.
La musique, oppressante et pompier à souhait est signé par Carpenter lui-même, comme la plupart de ses BO.
Au final, comme la plupart des films du réalisateur, on a affaire à une excellent série B, très prenante et bien ficelée malgré son petit budget. Avec des petits effets, un peu à la Hitchcock (gros plans sur des insectes agités, sur des visages crispés, sur un soleil lumineux, etc.) il installe son atmosphère. Je vous recommande Prince des ténèbres !
Les aventures de Guignol et la baleine :
Full metal jacket
Full Metal Jacket a un statut particulier pour moi, car il fut le premier et d'ailleurs seul film de Kubrick que je pus voir à sa sortie. J'y allais avec mon compère habituel (voir ci-dessus) et ma compagne de l'époque et après la projection, nous nous sentions un peu bizarre (oui à l'époque on allait voir un film, on ne 'consommait' pas, si bien qu'on discutait du film dans les heures suivants sa projection alors qu'aujourd'hui on passe direct sur autre chose), un peu 'anesthésié'... Nous nous sommes alors, c'était notre sentiment, rendu compte du génie du réalisateur qui, dans la première moitié de son film, nous a conditionné comme ses soldats si bien que les horreurs de la seconde partie nous touchaient moins. Bien sur, cet effet ne fonctionne qu'à la première vision du film.Arrivé bien après Apocalypse now ou Voyage au bout de l'enfer, le film de kubrick s'est immédiatement imposé comme un modèle du genre.
Effectivement composé de deux parties, il montre, dans la première, la machine d'endoctrinement de l'armée, tentant de transformer de simples ados en robots tueurs sans scrupules. Bien sur, Kubrick en profite pour souligner les dérapages que génère cette méthode, en suivant le parcours d'un soldat surnommé La baleine.
La seconde partie se déroule quelques mois après la première. Les troupes ne sont finalement pas aussi formatées, en tout cas, chacun y a ses spécificités, dont Guignol (Joker en anglais) qui devient 'reporter' pour le service des armées et dont on suit les déambulations avec une section de combat. Filmé comme un reportage, cette seconde partie se fixe d'abord sur les combattants eux-mêmes, finalement tous aussi crétins les uns que les autres dans leurs analyses politiques, leur besoin de gonfler leurs muscles et leur jugement. Quand ils se font tués, on retrouve de l'empathie car on se rappelle alors que ce sont des gamins.
Filmé avec virtuosité, avec un bande son choisie aux petits oignons et un casting parfait, Full Metal Jacket est un nouveau chef d’œuvre dans la filmographie de Kubrick, mais a-t-il fait autre chose ?
Je n'ai pas choisi d'extrait car ce film est un tout et le diviser, c'est vraiment réduire son impact. Il faut voir le film depuis le début et se laisser aspirer par le réalisateur pour vraiment comprendre où il veut nous mener. Je me contenterai donc d'une photo.
Nul n'échappe au diable :
Angel heart
Angel heart commence comme un polar noir. Il se déroule dans les années 50, à New-York (même s'il y a quelques incartades du côté de la Nouvelle Orléans), et met en scène un détective privé, Harry Angel, engagé par Mr Cyphres pour retrouver Johnny Favorite, un crooner disparu une dizaine d'années plus tôt, alors qu'il avait une dette envers ce client. Au fil de son enquête, le détective se rend compte que le disparu était très impliqué dans les croyances vaudou alors que des meurtres de plus en plus violents et fréquents parsèment la route de l'enquêteur...Adapté d'un roman de William Hjortsberg, Angel heart démarre comme un polar classique puis glisse doucement vers le fantastique et l'horreur...
La mise en scène est signée Alan Parker, à qui l'on devait déjà The Wall ou Birdy. Des ventilateurs filmés en gros plans, des ascenseurs qui grincent, des images hachés, sont autant d'artifices pour imposer un climat très malsain.
Pour le casting, Mickey Rourke trouve là l'un de ses meilleurs rôles et son denier grand succès public avant longtemps (son film Homeboy, malgré la présence de Walken, ne trouvera pas sa cible et L'irlandais n'aura pas un succès phénoménal, et après... c'est une lente descente jusqu'à The wrestler), il est parfait en détective de seconde zone fragile. Le client est joué par Robert de Niro (pour moi aussi, c'est ici un de ses derniers grands rôles) qui a là un personnage très marquant. Autre second rôle intéressant et bien malsain, Charlotte Rampling, spécialiste des personnages 'borderline'.
Envoûtant, plein de surprises, Angel Heart est un voyage dont vous ne sortirez pas indemne.
Bonheur pour tous :
Masques
Figurer trois années de suite dans mon classement, il faut le faire ! Chabrol l'a réussi. Après Poiret deux années de suite, le réalisateur embauche un autre monstre sacré du cinéma français, Philippe Noiret. Chabrol fait du sympathique acteur un animateur de télé, et en profite pour égratigner la profession.Christian Legagneur est le présentateur vedette de Bonheur pour tous, une émission bien mièvre , destinées au grand public, qui met en scène des personnes du troisième âge qui concourent pour gagner une croisière avec leur aimé(e) ! Le succès est au rendez-vous et Legagneur est ce qu'on appelle une vedette. Il est donc flatté de voir arriver un jeune biographe qui se propose de faire son portrait. Ce biographe, c'est Robin Renucci, et l'animateur l'emmène dans sa maison de campagne pendant une semaine puisque justement il n'y a pas d'émission la semaine suivante, pour cause de foot. Le biographe va alors faire la connaissance de toute l'étrange cours qui entoure la vedette. De notre côté, on va vite comprendre que le jeune homme est à la recherche de quelque chose...
Tout ça conduira à une dernière tirade exquise de Noiret, qu'hélas je ne vous montre pas sous peine de trop déflorer l'intrigue du film.
Dans les seconds rôles, on retrouve Bernadette Lafont, Anne Brochet ou encore Pierre Nougaro, père du chanteur (et lui-même baryton très talentueux). Masques n'est peut-être pas le meilleur film de Chabrol, mais Noiret lui donne une impressionnante dimension.
L'invité de la semaine :
Philippe Sarde
A 17 ans, Philippe Sarde réalise son premier court métrage et demande à Vladimir Cosma (compositeur du Grand blond, La boum, etc.) de l'aider à composer la musique. Cinq ans plus tard, il propose à Sautet de faire la musique de son film Les choses de la vie. Écrite en un mois pour 70 musiciens, c'est un coup d'essai qui devient un coup de maître. Philippe choisit sa voie et sera compositeur.Perfectionniste, il travaille avec de très grands musiciens tout en étant très exigeant sur leurs performances (Stan Getz, Chet Baker, etc.). Très fidèle, il aime à travailler avec les mêmes réalisateurs : Tavernier, Téchiné, Lautner ou, bien sur, Sautet. Mais d'autres ont fait appel à lui comme Polanski, Costa Gavras, Corneau, etc.
Philippe Sarde, contrairement à Jarre ou Delerue, n'a pas eu de grande carrière aux USA. Pourtant, les portes de Hollywood lui sont ouvertes quand il est nominé pour Tess, de Polanski, mais fidèle à ses principes et à son perfectionnisme, ses collaborations outre Atlantique seront sporadiques.
Aujourd'hui, Philippe Sarde a ralenti la cadence, un peu déçu par le cinéma, il ne fait plus qu'un film de temps en temps, dont ceux de Tavernier, bien sur !
Ah j'allais oublier, il est le frère aîné d'Alain Sarde, célèbre producteur français de films.
Rien de tel qu'un petit florilège avec, entre autres, des films dont j'ai déjà parlé : Le choix des armes, Vincent, François, Paul et les autres, Un mauvais fils, Les choses de la vie, L'Horloger de Saint Paul, Coup de torchon, etc et d'autres dont on parlera...
La semaine prochaine : 1988
- Un peck me menace avec un gland !- Chronique de banlieue
- Frères et sœurs de lait
- En noirs et blancs
Et l'invité de le semaine

