jeudi 4 février 2016

1983 : une année pour souffler

Le comique fait dans le tragique  :
Tchao Pantin

Difficile de juger ce film sur le long terme. La prestation de Coluche est devenue une telle légende qu'elle a un peu occulté le film. Le scénario n'est-il pas qu'une histoire de vengeance comme des tas d'autres ? Commençons par revenir sur un acteur habitué au comique dans ses prestations publiques. En réalité, lorsqu'il joue dans Tchao Pantin, de Claude Berri, Coluche est en dépression (voir dossier du n°9 de l'excellent magazine Schnock), et au final, quelque part, s'expose tel qu'il est vraiment, loin de son image publique. Cela ne retire rien à la qualité de ce rôle qui lui a d'ailleurs valu un César tout à fait justifié. Mais à côté de ça, dans le film, tiré de l'excellent roman d'Alain Page, la vengeance n'est finalement qu'un fil conducteur pour voyager dans le Paris triste, pauvre, marginal, bien souvent invisible à nos yeux. Anconina n'est pas un acteur que j'apprécie, mais il est parfait ici, en petit dealer qui joue les caïds. Agnès Soral, en punkette marginal et Philippe Léotard en inspecteur qui joue au con quand ça l'arrange sont également parfait.
Quand à l'histoire, au delà du polar, elle se penche aussi  sur la relation entre le personnage de Coluche et la punkette, et celle avec le petit dealer. Petit à petit ces deux personnages lui rendent  la vie, que le destin va du coup pouvoir lui ôter.
Avec le recul finalement, et sans tomber dans la vénération aveugle de Coluche, très tendance, Tchao Pantin reste un  très bon polar noir.




Besson/Jolivet même combat :
Le dernier combat

Je vous avais parlé de Pierre Jolivet en 1968, alors qu'il montait des spectacles comiques avec son frère, Marc. Avec Luc Besson, qu'il avait rencontré au club Med (il était animateur pendant les vacances là bas), ils co-écrivent un court métrage, L'avant dernier, qui leur permet de trouver le budget pour un long métrage. La réalisation est signée Besson, Jolivet y joue le rôle principal car personne ne veut le jouer. Le projet ne peut être réalisé que par deux jeunes hommes enthousiastes et pour cause... un film post apocalyptique en noir et blanc et sans dialogues avec un budget ridicule (pas d'avance sur recette, pas de télé investissant, etc.) !!
Le dernier combat fera moins de 50,000 entrées en France, mais remporte le prix spécial du festival du film fantastique d'Avoriaz, ce qui ouvre les portes du cinéma à Jolivet et à Besson (mais ce dernier, n'a fait au final qu'utiliser Jolivet pour tracer sa route et trahit par exemple totalement le scénario originel de Subway co-écrit par les deux compères qui ne se parleront plus).
On sent bien, à la projection du film, qu'il n'a pas un gros budget, mais justement, de quelle ingéniosité il a fallu faire preuve ! Au casting on découvre deux acteurs fétiches de Besson, Jean Reno et Jean Bouise (qui n'est pas du tout un débutant), que l'on retrouvera dans de nombreux films du réalisateur.
Élevé au rang de film culte (et oui encore un), Le dernier combat reste un ovni envoûtant.





L'invité de la semaine :
Ennio Morricone

Que dire de ce compositeur tant son génie et ses mélodies m'ont accompagné durant tant d'années ? Camarade de classe de Sergio  Leone, il sera son compositeur attitré, mais ne s'arrêtera pas aux seuls films de son ami puisqu'il a signé plus de 500 musiques de films ! Alors bien sûr, toutes n'ont pas marqué. D'abord pour qu'une Bande originale rencontre un gros succès, il faut que le film fasse de même sinon c'est beaucoup plus dur. Morricone n'est pas qu'un musicien et chef d'orchestre, c'est également un chercheur toujours avide de découvertes. Ainsi fait-il partie d'un groupe de musiciens avant-gardistes d'improvisation. Il est d'ailleurs, en dehors de ses musiques de film, le compositeur de musiques de chambre et pour orchestre.
Dans le cinéma, Morricone travaille avec de grands noms et ce dans tous les styles, pas seulement dans le cinéma classique : Bertolucci, Argento, Fulci, Corbucci, Pasolini, Bava, Visconti, Verneuil, Siegel, Taviani, Girod, Enrico, Boisset, Carpenter, Boorman, Molinaro, Lautner, Joffé, de Palma, Polanski, Friedkin, Deray, Almodovar, Stone, Tarentino, Malik...
A partir des années 2000, Morricone ralentit le rythme pour se consacrer à la direction d'orchestre. Ce qui est étonnant souvent, quand on le voit en concert, c'est de voir comment sont faits certains sons que l'on entend ! On peut ainsi vérifier l'amour du maestro pour l'expérimentation.
Je n'ai hélas vu des concerts du maître qu'à la télévision... je n'ai pas pu avoir la chance d'assister à un concert en live... peut-être en aurais-je encore une fois l'occasion, mais elles vont se faire de plus en plus rares, Ennio Morricone aura 88 ans cette année...






Peur sur la ville




Le clan des siciliens




La Mission




Il était une fois en Amérique




Le bon, la brute et le truand




Mon nom est personne





La semaine prochaine : 1984

- Mon film préféré
- Western en banlieue
- La rédemption selon Sam Shepard
- La planète des singes
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Et l'invité de la semaine !