lundi 5 octobre 2015

1966 : Au commencement

Bon, j'avoue que de mon berceau je n'ai pas vu grand chose, ce n'est que bien plus tard que je découvris les 3 films dont je vais vous parler...

Ménage à trois :
Le bon, la brute et le truand

Sergio Leone n'a pas fait beaucoup de films, il n'en a réalisé que 7 (et co-réalisé quelques autres) mais force est de constater qu'à l'instar d'un Kubrick, tous ses films sont des réussites. J'aurais pu citer ses antérieures à 1966, mais il faut bien choisir. Le bon, la brute et le truand, fresque se déroulant sur fond de guerre de sécession, est portée par 3 personnages qui se croisent ou s'accompagnent. Leur périple à la recherche d'un trésor n'est finalement qu'un prétexte pour montrer les horreurs et les absurdités de la guerre. Les images, en cinémascope, en mettent plein la vue. Le casting de 'tronches', pour chaque rôle, est incroyable. Et la musique, avec des sons très inhabituels, est devenue un classique, une autre pierre dans la légende du compositeur fétiche de Leone, Ennio Morricone. A chaque fois que je le vois, j'attends, ravi d'avance, la scène du cimetière où la caméra tourne sur la musique qui monte crescendo... un must.
Quand au casting, il est sans faille avec Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee van Cleef !
En rappel, un extrait justement sur la dure réalité de la guerre... qui repart aussitôt en comédie dramatique, qui est finalement le genre du film.



Chronique d'une ville américaine :
La poursuite impitoyable

Ce qui m'a marqué, lorsque j'ai vu La poursuite impitoyable, c'est le passage à tabac du shérif. Ce n'est qu'en le revoyant plus tard que je compris tout ce qu'il montrait. Une petit ville d'Amérique profonde (sud des USA) vit au crochet, économique, d'un baron du pétrole local. Tout le monde vit dans la crainte de lui déplaire et de ne pas faire partie du cercle des notables. Quand Bobby, originaire de la ville, s'évade du bagne, les citadins pensent qu'il va venir se venger du fils du baron local, qui sort avec son ex... La tension monte en une spirale inéluctable où les idées préconçues, la jalousie, le racisme et tous les défauts humains vont conduire à un drame. Redford, Jane Fonda, Robert Duvall et tant d'autres forment le casting impeccable. Cerise sur le gâteau, la prestation prodigieuse de Marlon Brando, en Shériff, qui démontre encore une fois sa carrure d'acteur hors du commun. Un drame poignant, merveilleusement construit et interprété. Un bijou de Arthur Penn à voir et revoir...



A fond sur le champignon :
Grand Prix

Grand Prix fut, jusqu'à une époque récente, j'y reviendrai dans quelques semaines, le meilleur film sur la formule 1. Aujourd'hui il se regarde aussi comme un documentaire sur une époque révolue où les pilotes étaient plus des gladiateurs qu'autre chose. Si ce film de Frankheimer n'est pas un chef d'oeuvre (d'ailleurs un seul de ses autres films se rapproche de ce statut, Le prisonnier d'Alcatraz), je crois qu'il m'a surtout marqué par la prestation de Montand, en amoureux maudit qu'on voit avancer inexorablement vers une fin tragique au fil de l'histoire. J'avoue avoir toujours été touché par cet acteur, avec son air de chien battu, et je reparlerai de quelques uns de ses autres films par la suite (surtout chez Sautet et Cornaud). Mais revenons à Grand Prix, une épopée qui raconte le destin de pilotes internationaux tout au long d'une saison de formule 1. Le casting est, là aussi, impressionnant avec James Garner, Toshiro Mifune (l'un des acteurs des 7 samouraïs, entre autres), ou encore Françoise Hardy qui fera là son avant-dernière apparition sur grand écran. Le mode narratif du 'commentateur' pour résumer les événements ou les rappeler est parfois un peu lourd, mais pour le reste, on se laisse griser.


L'invité de la semaine :
Michel Constantin

Chaque semaine, un petit paragraphe sur un acteur, un réalisateur, un compositeur, etc. pas en rapport avec le fil de la semaine (mais qui sera sans doute concerné à un moment ou à un autre, sur une autre année). Pour l'inauguration, j'ai choisi Michel Constantin. Sa tête, bien identifiable, ne lui a pas offert de très grands films, mais c'était une prodigieuse gueule qui lui a valu des tas de seconds rôles.
De parents Russe et Polonais, il sera ouvrier chez Renaut puis international de volley-ball et même capitaine de l'équipe de France dans les années 50, avant de devenir journaliste sportif à L'équipe, puis de faire du cinéma ! Constantin parlait 9 langues !
Becker, Lautner, Melville, Verneuil, Mocky, il a joué avec tous les réalisateurs français en vogue dans les années 60 et 70 et on  trouve quelques perles dans sa filmographie (Le deuxième souffle, La Traque) et pas mal de comédies et de films policiers agréables. Il fut même l'animateur d'un jeu télé culte, Anagram. Michel Constantin s'éteint en 2003, victime d'une crise cardiaque pendant la vague de chaleur qui fit tant de morts chez les personnes âgées... mais quel destin, et quel personnage !
Hop, un extrait du film de Melville, Le second souffle, où Constantin a bien entendu un second rôle. Vous en profiterez pour admirer le prodigieux monologue, en plan séquence (quelle extraordinaire réalisation), du remarquable Paul Meurisse. Un excellent polar noir de 1966.



Bien sur, 1966 c'est aussi... La Bataille d'Alger, la Canonnière du Yang-Tsé,  la grande vadrouille, Django, Farenheit 451, Cul de sac, Qu'as-tu fait à la guerre papa... etc.

La semaine prochaine : 1967

- Mariages en blanc
- Borsalino et canari
- Les adieux de Hulot



3 commentaires:

  1. En prologue à il était une fois l’Amérique (et pas en, je ne me suis pas trompé), la guerre de sécession. En quelques plans finalement assez courts, Sergio réussi à nous montrer la violence et l’absurdité de ces combats qui me marqueront plus qu’à la manière d’Autant en emporte le vent. Pour le reste, c’est le chef d’œuvre de la fin de la première période de Léone avec un vrai scénario entre ces silences caractéristiques et la musique d’Ennio, un bon pas si bon mais qui est maintenant comme à la maison, une vraie brute… fine comme une lame et un truand crasseux à souhait, sympa et drôle.
    J’ai découvert Arthur Penn par Lucky Luke, Billy the Kid, le Gaucher à la télé et little big man au cinéma. Après, comme d’habitude, je remonte la filmographie pour trouver cet opus violent, dur, sur une Amérique ténébreuse, avec un Redford ni arnaqueur , ni kid, mais grave et sacrément bon acteur. Une claque de plus d’Arthur !
    A peu près en même temps que le cinéma et la musique, je me prends de passion pour la course automobile en général et la formule 1 en particulier. C’est par cet angle que je m’intéresse à un des rares films sur la Formule 1, la télévision n’étant pas encore très généreuse en images de grand prix. Je ne serai pas conquis mais je me souviens de ces trépieds fixés sur les voitures au bout desquels étaient accrochés les énormes caméras de l’époque pour rendre compte au plus près des bagarres de pilotes !!! Loin des caméras embarquées ou des gopro tout ça ! La qualité de l’extrait choisi n’en est que plus remarquable. Quelques mots sur Frankenheimer qui fait partie des cinéastes qui m’ont emarqués bien qu’effectivement mineur : l’homme de Kiev et les parachutistes arrivent restent dans ma mémoire. Un crime dans la tête et french connexion 2 sont des belles réussites.
    C’est vrai qu’il a une sacrée gueule Michel mais il n’avait pas un registre d’acteur très étendu. Il représente un cinéma des années 60/70 que nous devons entre autres à Lautner, Audiard père, Giovanni… je profite de l’occasion pour avoir une pensée pour ce superbe Melville au style pas encore dépouillé, avec un Meurisse effectivement royal sans son monocle et … un Lino impérial.
    Philippe

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  2. C'est cool de lire ça deux grands commentaires de cinéphiles l'un après l'autre :)

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  3. Sur que l'on reverra de toute façon Melville, puisque deux autres de ses films font partie de ma sélection ! :)
    Idem pour Leone.
    Après, il y en a forcément d'autres que je laisserai de côté, pour les raisons que j'avais exposé dans l'avant-propos.
    L'avantage du cinéma c'est que chacun pourrait faire une liste de ses films préférés, il y a une chance sur des millions que deux personnes possèdent exactement la même liste ! :)

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