Avant 1966...
C'est le piège, il y a des films qui datent d'avant ma naissance et qui font partie de ceux avec lesquels je ferai la programmation de ma chaîne de cinéma idéale.Plutôt que de partir des frères lumière, je ne ferai qu'un seul article les concernant, avec une sélection de 6 films très différents ...
Une affaire de famille :
Mon oncle
Commençons par Mon oncle, que je considère comme le chef d'oeuvre de Jacques Tati.Datant de 1958, ce film (qui fut oscarisé), en plus d'être poétique, amusant, inventif, tendre, est aussi un témoignage du passage entre une époque où autour des grandes cités se trouvaient des villages, et celle où les banlieues prennent le dessus... une aire avec ses supermarchés, ses immeubles, ses zones pavillonnaires, qui font que la banlieue de paris est la même que celle de Saint Raphaël !
Dans Mon oncle, ce mode de vie se fait manger par la modernité... pour le meilleur ou le pire, vous jugerez.
Je vous invite à voir cet extrait et à revoir ce film, destiné à tous publics. Rowan Atkinson s'est forcément inspiré de Tati pour son Mister Bean, en ce qui concerne les attitudes, mais pas pour le caractère, radicalement différent entre le sympathique Hulot et le veule Bean.
Sur la plage abandonnée...
Week-end à Zuydcoote
Une armée en perdition, des soldats
qui attendent de pouvoir prendre un bateau pour fuir devant l'armée
ennemi... On ne peut pas dire que le sujet soit glorieux, et pourtant.
Henri Verneuil, grand réalisateur du cinéma 'populaire' signe là une
fresque toute en finesse, adaptant un livre majeur (un de plus,
récompensé par le Goncourt) de Robert Merle. Loin d'être un film léger, Week-end à Zuydcoote
aborde pas mal de sujets difficiles et on ne ferme pas les yeux sur la
noirceur de l'âme humaine. Un film sur fond d'errance, les immenses
plages de la Belgique, un air surréaliste, et un Belmondo au top avec
des partenaires de choix : Marielle, Mondy, Pérrier...Un film qu'on ne revoit pas assez sur les chaînes de télé.
Sharks contre Jets :
West side story
C'est en 1961 que Robert Wise fixe sur pellicule la comédie musicale dont la partition est signée leonard Bernstein. Adaptation d'abord pour le théâtre du classique de Shakespeare Roméo et Juliette aux quartiers pauvres de New york, c'est un feu d'artifice. Dans West Side Story, les ballets sont réglés au cordeau, le casting est parfait (Ah George Chakiris qui obtint d'ailleurs un oscar !), chaque morceau musical est un tube (et pas avec une mélodie gnangnan façon Notre Dame de Paris), les couleurs sont éclatantes, le traveling de la banlieue de NY en ouverture était une première, et le propos... Oui, ce qui est étonnant c'est de constater combien le propos est toujours valable aujourd'hui.
Bref, je vous invite à revoir America, la chanson qui donne la pêche, et dont les paroles sont très contemporaines...
Et ce jour là, il se reposa... :
Les 7 samouraïs/mercenaires
Il est rare qu'un remake soit mieux réussi que son original et ce n'est d'ailleurs pas le cas ici. Toutefois, j'ai rarement vu une adaptation aussi fidèle tout en se distinguant de son original. Et les deux films sont au final des petits bijoux. Le premier, il date de 1954, il s'agit du film Les 7 samouraïs de Akira Kurosawa, le cinéaste le plus reconnu par le monde occidental (pas forcément chez lui). Sept samourais acceptent de prendre la défense d'un village de paysans contre des bandits. Le film est en noir et blanc, même pas en cinémascope, mais quelle beauté ! Les acteurs sont prodigieux et une fois la surprise du 'surjeu' japonais passée, le film est un diamant.John Sturges (celui de Règlement de comptes à OK Corral) a signé avec Les 7 mercenaires, un remake flamboyant avec un casting démentiel : Steve McQueen, Yul Brynner, Robert Vaughn, James Coburn, Charles Bronson... Une musique entrainante, un rythme soutenu, de l'humour, une profondeur des personnages, etc.
Au final je ne me lasse ni de l'original, ni de sa copie !
Privé de désert ? :
Lawrence d'Arabie
Dernier film de ma sélection d'avant ma naissance, c'est encore une fresque d'aventures qui ne passe pas sous silence le côté sombre des choses (même si la réalité l'était encore bien plus). Dans Lawrence d'Arabie, Peter O'Toole semble habité par son personnage, tandis qu'Omar Sharif sera révélé à l'internationale. Il faut ajouter Alec Guinness et Anthony Quinn pour rendre justice au casting. Côté production, on est à l'heure des blockbusters de l'époque, de gros budgets, de grands scénarios et une grande musique, celle de Maurice Jarre, le papa de Jean-Michel. Hypnotisant comme le désert, ce film a vraiment conduit à populariser un peu plus ce personnage pourtant controversé, que sa biographie et la presse avait 'construit'. En attendant que l'histoire juge, il n'est pas possible de rester insensible aux envolées lyrique de la partition musicale sur les images du désert en cinémascope signées David Lean...Bon, j'aurais pu choisir d'autres films, en particulier les western Règlements de compte à OK Corral ou le brillant L'homme aux colts d'or, et tant d'autres. Mais il fallait faire des choix.
La semaine prochaine...
- Ménage à trois- Chronique d'une petite ville américaine
- A fond sur le champignon


Jamais vu Week-end... mais je le rajoute à ma watch-list (et le livre). Pour les 7 samurai (version japonaise), l'image est tellement belle, que y en a un qui en a fait un pochoir géant pour un mur d'appart ;) j'ai aussi le souvenir de quelqu'un qui le commentait en me faisant remarquer les postures, les visages... ;)
RépondreSupprimerLa versio US est moins "exotique"
Hé hé, oui elle est moins exotique, de fait, on est plus habitués aux westerns, mais quelle belle adaptation ! ;)
Supprimerla semaine prochaine...
RépondreSupprimerJules et Jim?
American Graffiti ? (mais c'est tardif)
Le Mans? ou Point Limite Zéro (ou alors Bullit)? :)
Effectivement, on peut jouer aux pronostics avec les accroches ^^ C'est même fait pour ! :)
SupprimerJules et Jim c'est 61, raté.
American Graffiti c'est 73
Bullit c'est 68 ^^
Point limite c'est 61
Le mans, 71
Donc tout perdu. En plus, rien ne garantie que ceux-là seront dans ma sélection ! ;)
idée géniale !
RépondreSupprimerMaman
Pas grand-chose de mon côté à dire sur Tati, malheureusement ! Je suis passé à côté de son univers, de sa poésie, de son humour.
RépondreSupprimerAh Bébel ! C’est différent, Cartouche, l’homme de Rio ont dynamisé ma tendre jeunesse et tout naturellement, je regarde ce qu’il a fait d’autres, constate qu’il a tourné pour Godard, Malle (un peu obscurs pour moi), et qu’il a fait ce drôle de film de guerre d’après la drôle de guerre. A l’époque, c’étaient les exploits, la bravoure, le panache qui étaient en avant. Il fallait du courage pour tourner dans un film de perdants dans un pays de perdants.
Ma mère ne m’emmène pas très souvent au cinéma mais là, nous y allons. Je fais la tête car fasciné par la Winchester à canon sciée, je voulais voir Steve dans la grande évasion. C’est donc en trainant les pieds que je me rends dans les quartiers ouest de New York et là, c’est le choc : je suis déjà attiré par la musique, la danse, la comédie musicale et c’en est une synthèse époustouflante. Quand quelques années plus tard, je chercherai à étancher ma soif de musique sans trop savoir vers quel genre me tourner, je commencerai par la rapsodie in blue et la BOF de West Side Story. Un mystère demeure à mes yeux : pourquoi les seconds rôles savaient danser et chanter et pas les premiers ?
Revoilà Steve à la même époque qu’évoquée plus haut et effectivement bien d’autres. Je n’ai jamais vu les 7 samourais et j’ai visionné les mercenaires bien après leur sortie. C’est un beau produit mais je trouve le film un peu trop western conventionnel et hollywoodien sans le lyrisme des Hawks ou Ford.
Je n’ai jamais vu en entier Peter O’Toole dans cette interprétation passée à la postérité certainement parce qu’il fallait voir ces super productions très longues en salle à leur sortie. Je serai beaucoup plus marqué par le Docteur Jivago du même et avec Omar vu dans ces conditions quelques années plus tard. Le désert non ! Les étendues de neige oui !
Philippe Chapelle
Pour West Side Story, c'est vrai que c'est très américain ! Eux qui ne supportent pas les doublages (tous les films étrangers sont sous-titrés et ne marchent que peu, ou alors ils font un remake US), ça ne les dérange pas qu'un acteur joue un rôle mais soit doublé quand il chante ! C'est le cas ici de Nathalie Wood qui ne chante pas du tout, mais fait du play back (et c'était encore le cas pour Clooney dans O'Brother). D'un autre côté, les deux seconds rôles (Rita et Bernardo) ont eu un Oscar, pas les rôles principaux, comme quoi, ça n'a pas dupé les membres de l'académie ! :)
SupprimerMerci de tes commentaires ! :)
Ah enfin du noir et blanc apprécié à sa juste valeur !
RépondreSupprimerLes Sept Samouraïs, le premier 'CDV' que j'avais importé des US car introuvable en France, dès que j'avais acquis le lecteur de galettes géantes ! (mais mon premier coffret CDV avait été Star Wars)
Star Wars, espèce de Binstok ! :)
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